Il s’agit de rompre avec un système qui nous détruit…

22 octobre 2009 par excroissance

“Aujourd’hui, c’est l’empire des multinationales qui implose sous nos yeux, et la plupart continuent à se lamenter plutôt que de mettre en place une société où la solidarité et le bien commun seraient restaurés. Il s’agit de rompre avec un système qui nous détruit et de bâtir des collectivités et un environnement où il sera donné de commencer à vivre.  [...]

En dépit de la répression meurtrière, des exactions et des tortures, la résistance n’a pas cessé à Oaxaca. Le feu est entretenu sous la cendre. Le mouvement des barricadiers, des libertaires et des communautés indiennes s’est débarassé des ordures gauchistes – lélino-trotskysto-maoïstes – qui prétendaient récupérer le mouvement. Les choses sont claires et quand le combat reprendra, il sera sans crainte et sans ambiguïté. En revanche, en Europe, où l’on ne fusille plus personne, ce qui domine c’est la peur et la servitude volontaire. Le système financier s’écroule et les gens sont encore prêts à payer leurs impôts pour renflouer les caisses vidées par les escrocs qu’ils ont portés à la tête des Etats. Ici, à la différence d’Oaxaca, les citoyens élisent le boucher qui les conduira à l’abattoir.”

Raoul Vaneigem, octobre 2008.

émeutes

Des extrêmes

6 septembre 2009 par excroissance

C’est un axiome bien connu : il ne faut pas employer le vocabulaire de l’ennemi. Or, s’il est bien un terme qui sert l’ennemi, c’est celui d’extrême. Que l’on considère des positions globales sur l’échiquier politique (extrême droite, extrême gauche), ou des prises de positions particulières, sur tel ou tel sujet ; le terme extrême est absolument stérile.

Désigner des convictions politiques comme extrêmes, c’est renvoyer implicitement à une pondération de la social-démocratie (PS, Vert, Modem, UMP, PC…). Or, le PS ou l’UMP sont les forces politiques qui « gèrent » le système, le maintienne et le reproduise. Ce même système qui nous conduit droit dans le mur sur le plan environnemental (notamment). Ainsi, du point de vue écologique, le maintien du système actuel pourrait être considéré, selon la coutume en vigueur, comme extrême… On voit que l’idée d’extrême est fluctuante. Elle ne fait qu’exprimer une position : en fonction du point de vue adopté, la notion d’extrémisme se déplace !

http://www.photo-libre.fr/

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En outre, le terme extrême permet de renvoyer dans les cordes des positions politiques, sans parler de politique. Si certaines positions considérées comme extrêmes sont effectivement condamnables, cette condamnation doit s’opérer par le discours et l’argumentation. Il faut démontrer que les positions adverses sont inconséquentes, et non brandir des mots épouvantails. Des mots épouvantails comme extrémisme, ayatollah vert, fondamentaliste, terroriste, etc. Mots qui font davantage appel à la répétition qu’à l’explication, à l’émotion qu’à la raison.

C’est pourquoi, même les gens trouvant dans l’auto-appellation d’extrême gauche une fin en soi, brandissant ce terme comme une bannière de vérité, ne font en réalité que servir les conservateurs sociaux-démocrates. Dans le terme même qui les désigne, ils impliquent que « les autres » sont pondérés et raisonnables.

Ainsi, pour aller plus loin, Raoul Vaneigem nous rappelle que le terme même de décroissance est encore trop déterminé par ce qu’il condamne : l’économie. « Il n’y a pas d’hérésie sans orthodoxie. Le dogme prête son sens aux déviances et les définit par rapport à lui. Le danger de la théorie de la décroissance, c’est qu’elle implique une relation privilégiée avec l’économie alors que l’instauration d’une société véritablement humaine postule la fin de l’économie comme forme d’organisation dominante ; je veux dire la fin d’une économie fondée sur l’exploitation de la nature et de l’homme, et le dépassement d’une économie axée sur un nouveau contrat avec la nature, source d’énergies gratuites et inépuisables » Raoul Vaneigem, La Décroissance, Juin 2009, p.5.

Manuel de l’antitourisme

2 août 2009 par excroissance

Je profites du mois d’août pour partager un extrait de l’excellent petit livre Manuel de l’antitourisme, de Rodolphe Christin, aux éditions Yago, 2008 (ici p. 68-69).

“Nous vivons sous le signe de la mise en production du monde. Celle-ci déploie un imaginaire qui modèlise et rend monnayables espace, rencontres, découvertes, expériences. Ainsi la vie devient une suite d’achats, une trajectoire de péage en péage. Où que l’on soit, l’esprit du tout économique nous inocule la fièvre acheteuse.

http://www.photos-pour-tous.com/photo-53.html

Le tourisme n’éhappe en rien à cette tendance. Pire, il tend à l’appliquer sous toutes les latitudes tout en parlant d’évasion et de contrées préservées. Il ancre sa supercherie sur nos irréductibles désirs. Tandis que des expériences deviennent de facto difficiles, voire impossibles, leur désir demeure, cherchant des vides où exister. Or, les vides s’amenuisent, les taches blanches disparaissent ; cette caractéristique de l’époque frappe de front l’esprit voyageur, pris dans le filet d’un monde étroitement canalisé, administré, cadastré.

L’administration et le management sont des formes contemporaines de colonisation appliquées non seulement à l’extérieur de nos frontières mais aussi à l’intérieur de notre conscience. Elles organisent, armées de méthodes scientifiques ou pseudo-scientifiques, le cadastrage des réalités objectives mais aussi des subjectivités individuelles, dans une entreprise d’infiltration procédurale quasiment totalitaire. Totalitaire car elle entend s’appliquer à tous les domaines de l’existence ; elle outrepasse même les frontières public/privé lorsque non seulement la vie sociale est concernée, mais aussi notre vie intime. Si besoin, des coachs certifiés vous aideront pour cela, outillés d’un arsenal de recettes en tout genre. Ils vous accompagneront dans la vie, avec eux vous devrendrez meilleur… Meilleur parent, meilleur amant, meilleur travailleur, meilleur en tout et partout. C’est ainsi qu’il nous faut apprendre à gérer jusqu’à nos émotions et chercher la performance en toute chose, de notre apparence jusque dans le coeur de notre relation à l’autre.

L’universalisation des fins (croître et se développer) comme des moyens techniques pour les atteindre et des critères d’évaluation des résultats, brouille si bien les notions traditionnelles extérieur/intérieur, dehors/dedans, que l’Occident est désormais partout. Celui-ci est parfaitement délocalisé car disséminé dans toutes les consciences, sur tous les continents.

Cette grande domestication, qui étend un mode d’organisation universaliste à toutes les sociétés, je l’appelle le management du monde. Le management, c’est-à-dire la somme des diverses méthodologies utillisées pour diriger des hommes et des projets.”

Révoltes silencieuses

24 juillet 2009 par excroissance

Loin des douceurs matérielles, des centrales syndicales, des caméras et des micros, des postes qui rapportent, d’une gauche moribonde ou d’une écologie libérale… nous sommes de plus en plus nombreux à nous désaffilier, à déserter, à faire la grève du travail, de la consommation, de la possession ou du pouvoir… qu’il soit médiatique, politique ou matériel.

Toujours plus nombreux, nous nous débarrassons des rêves mortifères d’une société qui n’offre aucune perspective, non parce qu’elle est en « crise », mais parce qu’elle n’a rien à offrir. Rien d’autre qu’un confort anesthésiant ou qu’une hypothétique retraite. Pari risqué, lourd de conséquences, qu’une vie de labeur aliéné : un environnement qui se dégrade chaque jour davantage, tant écologiquement que politiquement. Peu d’entre nous vivrons vieux, compte tenu des pesticides et autres matières chimiques que nous avons ingurgité ; et peu d’entre nous sommes sûr de toucher une retraite, compte tenu du pouvoir qui est en place.

De plus en plus, dans le silence, des individus se détachent d’une certaine vision du monde. Oppositions frontales aux modes de pensées uniques, ne faisant que varier « la longueur de la laisse et la couleur du collier ». Nous quittons le navire pendant qu’il sombre. Et l’orchestre médiatique, pareil à l’orchestre du Titanic, continue de jouer…

FRANCE-JUSTICE-MANIF-TARNAC

Ces révoltes silencieuses ne sont pas sondables ou analysables. Non pas qu’elles soient négligeables, mais parce qu’aucun outil ne permet de les mesurer. Les Rmistes sont des « pauvres » ou des mal-dans-leurs-peaux-sans-travail ! Les outils permettant de rendre compte des désaffilier, des silencieux, des démobilisés n’existent pas.

Aucun espoir à chercher dans les médias. Aucune volonté de se confronter toujours aux mêmes répliques, qui ne font que penser le monde à travers le même prisme dominant. Ici ou là jaillissent des modes de vie différents, discrets, silencieux. Ils n’existent que pour ceux qui savent les voir, ou pour ceux qui sature des rêves mortifères : des ouvriers lassés d’être pris pour des cons, ne se battant plus pour « l’employabilité » ; des Rmistes heureux ; des débrouillards ; des jardiniers ; des bricolos mettant en œuvre leurs savoirs faire…

Vivre sans une épée de Damoclès sur la tête. Ignorer superbement ces patrons qui pensent faire une bonne affaire en bourse, en profitant de la « crise » pour licencier. Ignorer superbement ces journalistes aux ordres. Ignorer superbement les syndicalistes ou les gauchistes trépignant tout en lorgnant un strapontin…

Rupture silencieuse donc, qui ne peut se manifester sans s’attirer la vindicte bien-pensante ou les pogromes médiatiques. Mais vivre nos passions, nos révoltes, nos amitiés.

Vers une civilisation de la marchandise

23 juin 2009 par excroissance

“Le développement a eu le même effet dans toutes les sociétés : chacun s’est trouvé empêtré dans une nouvelle trame de dépendance à l’égard des produits qui se déversent du même genre de machine : usines, cliniques, studios de télévision, centres d’études. Pour assouvir cette dépendance, il faut produire toujours plus : des biens standardisés, conçus et réalisés à l’intention d’un nombre toujours accru de consommateurs “dressés” à éprouver le besoin de ce qui leur est offert par ceux qui sont précisément à l’origine de l’offre.

[...] L’argent dévalorise ce dont il n’est pas la mesure. La crise se présente donc dans les mêmes termes pour tous : elle consiste à choisir entre plus de dépendance ou moins de dépendance à l’égard des produits industriels. Plus équivaut à la destruction rapide et définitive de cultures génératrices d’activités de subsistance satisfaisantes. Moins présage la floraison diversifiée de valeurs d’usage au sein de cultures intensément génératrices d’activités. Le choix est essentiellement le même pour les pauvres que pour les riches, aussi difficilement envisageable que soit cette situation pour ceux qui ont déjà l’habitude d’évoluer dans un supermarché, structure hospitalière s’il en fut, mais au sens de quartier de débils mentaux.

C’est en fonction des produits que la société industrielle avancée organise son existence. Nos sociétés entièrement dépendantes de fournitures marchandes mesurent le progrès matériel à l’augmentation de la production, en volume et en variété. Et, nous alignant sur ce secteur, nous mesurons le progrès social à la répartition de l’accès à ces produits. La toute-puissance des grandes industries productrices de biens de consommation se justifie au nom de dogmes économiques. Le socialisme s’est avili à devenir une lutte contre la disparité de la distribution, et la mise en oeuvre de l’aide sociale a conduit à identifier bien public et oppulence – au point que l’on peut à présent parler de l’oppulence humiliante des pauvres. Avec le coût d’une journée d’existence “assistée” dans les taudis, ou de déchéance organisée dans un hopital municipal ou une prison des Etats-Unis, une famille indienne se nourrirait pendant un mois. “

Ivan Illich, Le chômage créateur, Le Seuil, Paris, 1973, p. 14-16.

De l’usine

18 mai 2009 par excroissance

Une société qui fabrique des voitures ou des fromages la nuit est à l’agonie.

La sagesse populaire se trompe quand elle dit qu’ « il n’y a pas de sous métiers ». Il en existe par milliers… Des ingénieurs qui gaspillent leur intelligence dans des gadgets débiles autant qu’inutiles ; aux ouvriers qui s’abîment dans les usines, gaspillant leur santé et leur intelligence. Mais s’il existe bien des sous emplois par millier, il n’existe pas de sous humains.

Le travail à l’usine est pénible, stupide, aliénant… Il est pénible par le rythme des 3/8 et des chaînes. Il est stupide car n’en sort que de la merde et ne peut procurer aucune satisfaction aux travailleurs (si ce n’est la nécessité du salaire). Il est aliénant car il exproprie les « consommateurs » du goût ; et les producteurs d’un savoir faire traditionnel. Mieux vaut 100 fromageries artisanales qu’une usine de transformation de lait.

La schizophrénie ouvrière frappe de toutes ses forces : travailler dans des conditions déplorables pour fabriquer de la bouffe dégueulasse… et aller encore et toujours au supermarché pour acheter ce que d’autres ont produit dans les mêmes conditions (voire pire !). Vouloir toujours le moins cher et faire peser encore plus fort des pressions sur la « masse salariale ».

Chaque produit est la marque de l’expropriation par la marchandise du savoir faire populaire. Être incapable de ne plus rien faire, ne plus échanger, ne plus partager. Qui a déjà offert des produits de supermarché en revenant des courses ? Tandis que nous sommes heureux d’offrir à nos proches des courgettes que nous avons en trop dans notre potager !

Tout ce que produit les usines est formaté, conditionné, traité plus ou moins chimiquement… Nous baignons dans un bain de produits chimiques, du berceau au cercueil. Nos fruits ne pourrissent plus, traités, ionisés… prêts à être transportés sur des milliers de kilomètres ; et parés pour les étales de supermarchés… ne « manque » que le goût… des cerises en hiver.

L’existentialisme est un écologisme !

13 mai 2009 par excroissance

Trois éléments de réflexion du célèbre philosophe Jean-Paul Sartre, extrait de son ouvrage L’existentialisme est un humanisme. Il s’agit, pour Sartre, de « fonder » l’action et la responsabilité de l’humain sans Dieu n’y autre forme de métaphysique. Sartre défend dans son ouvrage l’existentialisme, mais ce noyau de responsabilité conserve toute sa pertinence pour une réflexion écologique : 1) L’humain est ce qu’il fait. 2) Cette action engage l’individu et l’humanité dans son ensemble. 3) Universalisation et responsabilité sont angoisse sinon mauvaise foi.

[…] « Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ? Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait. Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. L’homme est non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il se conçoit après l’existence, comme il se veut après cet élan vers l’existence, l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait. Tel est le premier principe de l’existentialisme ». (p.29-30)

[…] « Mais si vraiment l’existence précède l’essence, l’homme est responsable de ce qu’il est. Ainsi, la première démarche de l’existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu’il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de son existence. […] Il n’est pas un de nos actes qui, en créant l’homme que nous voulons être, ne créé en même temps une image de l’homme tels que nous estimons qu’il doit être. Choisir d’être ceci ou cela, c’est affirmer la valeur de ce que nous choisissons, car nous ne pouvons jamais choisir le mal ; ce que nous choisissons, c’est toujours le bien, et rien ne peut-être bon pour nous sans l’être pour tous ». [p.31-32]

[…] « L’existentialisme déclare volontiers que l’homme est angoisse. Cela signifie ceci : l’homme qui s’engage et qui se rend compte qu’il est non seulement celui qu’il choisit d’être, mais encore un législateur choisissant en même temps que soit l’humanité entière, ne saurait échapper au sentiment de sa totale et profonde responsabilité. Certes, beaucoup de gens ne sont pas anxieux ; mais nous prétendons qu’ils se masquent leur angoisse, qu’ils la fuient ; certainement, beaucoup de gens croient en agissant n’engager qu’eux-mêmes, et lorsqu’on leur dit : mais si tout le monde faisait comme ça ? ils haussent les épaules et répondent : tout le monde ne fait pas comme ça. Mais en vérité, on doit toujours se demander : qu’arriverait-il si tout le monde en faisait autant ? et on échappe à cette pensée inquiétante que par une sorte de mauvaise foi ». (p.33-34)

Miguel Benasayag, Tarnac et l’anti-terrorisme

7 mai 2009 par excroissance

Vingt minutes avec Miguel Benasayag (wikipédia)… Voilà ce que je vous propose. Ce n’est pas grand chose compte tenu du temps moyen des français passé devant la télévision !

J’ai trouvé cette vidéo sur le site de Soutien aux inculpés du 11 Novembre : ici

Petite présentation (venant de Périphéries) de l’auteur   :

“Philosophe et psychanalyste, Miguel Benasayag est aussi un ancien combattant de la guérilla guévariste en Argentine, où il a passé plusieurs années en prison. Depuis son arrivée en France, à sa libération, il réfléchit inlassablement aux moyens de rester fidèle à l’exigence de liberté et de solidarité des luttes révolutionnaires passées, tout en tirant les enseignements de leurs échecs et de leurs errements. Dans Du contre-pouvoir, co-écrit avec Diego Sztulwark, il observe l’émergence d’une nouvelle radicalité désireuse de changer la vie. Et clame que, si on veut préserver la vitalité de ces mouvements, il ne faut surtout pas ressortir du placard les vieux schémas révolutionnaires… C’est à la révolution dans la révolution, à la puissance contre le pouvoir, au savoir contre l’information, que Miguel Benasayag nous invite : il ne faut pas, écrit-il, se préparer à prendre le pouvoir, attendre de grands soirs en obéissant à des « maîtres libérateurs » ; il faut, dans l’immédiat et sans attendre de lendemains qui chantent, chercher tout à la fois la puissance et la connaissance. [...] « La résistance alternative sera puissante dans la mesure où elle abandonnera le piège de l’attente », lit-on dans le « Manifeste du réseau de résistance alternative » lancé par son collectif « Malgré Tout »

Les rurbains contre la nature

6 mai 2009 par excroissance

Détruire la biosphère par amour du paysage

Voici un extrait du texte que l’on trouve sur le site du Monde diplomatique. Ce texte est très intéressant car il souligne la contradiction entre l’envie de “nature” et la volonté d’y cumuler les avantages du citadin. Cette contradiction écologique est rendue possible avec les moyens techniques : la voiture et internet. La volonté de tout posséder à la fois se fait au détriment de la planète, bien qu’elle se revendique d’une plus grande proximité avec la Nature ! Je mets ici ce que l’auteur, à savoir Augustin Berque, appel “La parabole du livreur de toffu“.


“Prenez une ville traditionnelle, bien compacte, avant la diffusion de l’automobile. Cent habitants y vont à pied acheter leur tofu au coin de la rue. Maintenant, prenez l’urbain diffus. Ces cent habitants y vivent chacun dans sa maison individuelle, isolée au bout d’une petite route au fond du paysage ; et chacun commande son tofu sur Internet. Il faut donc maintenant cent livraisons motorisées pour acheminer ces cent tofus au bout de ces cent routes. Quel est le plus écologique, la ville compacte ou l’urbain diffus ?”

Retrouver
ici l’ensemble du texte.

Notons qu’il est possible de faire un paralèlle avec les voyages touristiques dit “vert”. Si nous prenons l’avions pour faire de la randonnée à l’autre bout de la planète, c’est au nom d’une plus grande proximité avec la nature que nous la détruisons davantage. Tant que nous voudrons tout et tout de suite, nous ne sortirons jamais de ces contradictions et c’est chaque fois la planète qui trinque. Que ceux qui vante ces merveilleux paysages en profitent, car nos enfants et petits enfants ne pourrons plus en jouire… Nous sortirons des problèmes écologiques que posent notre mode de vie, non pas en consommant de la nature, mais en adoptant un mode de vie conséquant, où la limite sera acceptée comme le respect des autres, plutôt que comme une “privation de liberté” !

Paul Ariès : entretien vidéo

6 mai 2009 par excroissance

Entrevue du politologue Paul Aries par le maire de Grigny René Balme, à l’occasion du lancement du journal Le “Sarkophage : contre tous les sarkozysmes”, ce 14 juillet 2007 par Paul Aries.

Retrouvez la vidéo ici

Interview qui garde, deux ans après l’élections du Tsar’Kozy, toute son actualité.