L’Extrait de texte qui suit a été publié par le journal La Décroissance, paru en septembre 2007 (p.14), et a été écris par Yannis Youlountas (Philosophe, poète, qui fut porte parole de la campagne de José Bové en 2007). Mr Youlountas répond à la question suivante : Comment ne pas céder à la déprime ?
” [...]Quand elle survient, la déprime a quelque chose à nous dire. Quelque chose à propos du monde et de nous même. Quelque chose qui vient du plus profond de notre jugement, comme une source. Ne vaut-il pas mieux la remonter que la boucher ? Et, par la suite, peut être l’optimiser comme avec une dynamo pour redoubler d’énergie ? La tristesse et le désespoir sont de puissantes sensations et les fruits de réflexions abyssales sur le sens de la vie. C’est pourquoi elles peuvent être des étapes salutaires. Des étapes que notre système de pensée actuel diabolise et nous incite à éviter à tout prix et par tous les moyens. Des étapes qui sont des portes ouvertes sur une autre vision du monde et sur nous même. Parce que fondé sur la peur, notre système nous enseigne que ce sont là les bords du monde, qu’il n’y a rien au-delà, que toute déprime est mortifère, qu’elle n’a rien à dire et ne conduit nul part ; qu’il nous faut privilégier ” la conscience ensoleillée ” moquée par Artaud, qu’il ne faut pas se ” pencher ” sur nos problèmes au risque de tomber de haut et, peut-être, de nous révolter ; qu’il nous faut rester assis confortablement pendant que la Terre et les trois quarts de l’humanité sont à genoux, dans le crépitement de rires et des applaudissments télévisés.
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